Documentaire · Interview · Digital
NÉO LE PORTRAIT SAISON 3 NÉO LE PORTRAIT SAISON 3
Portraits d'exception.
Retour en force.
Reportage • Interview • Documentaire • Digital
NÉO, le portrait est de retour.
Après une première saison consacrée aux personnalités inspirantes de Nouvelle-Aquitaine, NÉO, le portrait entame sa saison 3 avec une nouvelle ambition : aller à la rencontre d’artistes, de créateurs et de personnalités hors du commun, partout en France, au plus près de leur quotidien.
Deuxième portrait · Jeremy Ferrari
« Un rêve de gosse, en dur »
Pour ce deuxième portrait de la saison, l’équipe de gcom. a retrouvé Jérémy Ferrari dans les coulisses du Théâtre Fémina, à Bordeaux , le lieu qu’il vient de faire sien, pour les neuf prochaines années au moins.
Humoriste. Auteur. Acteur. Et désormais, directeur de théâtre. Rencontre avec un hyperactif habité, dont le parcours dit une chose simple : on ne se construit pas toujours là où l’on attendait.
C’est officiel depuis 2025 : Jérémy Ferrari a repris la gérance du Théâtre Fémina, institution bordelaise de 1 200 places fondée en 1919, qui a vu passer Barbara, Joan Baez, et des générations d’artistes de premier plan. Une gérance signée pour neuf ans, portée par sa société de production Dark Smile, et animée d’une ambition claire : faire du Fémina un nouveau lieu fort de la scène vivante à Bordeaux, avec éclectisme, liberté d’expression et audace comme seules lignes directrices.
Dans les coulisses, face caméra, il confie l’émotion que le lieu lui procure encore. « Je n’arrive pas à percuter que je suis un peu chez moi maintenant. C’est un rêve d’enfant, pour moi, d’avoir un lieu. Il n’y a pas un artiste qui ne sait pas ce qu’est le Théâtre Fémina et qui ne vous dira pas que c’est le meilleur théâtre en France. »
Au projet Fémina s’ajoute celui d’un comedy club , lieu hybride stand-up, restaurant et bar, à deux pas du théâtre, rue des Piliers de Tutelles. Bordeaux comme nouvel épicentre de l’humour vivant : le plan est tracé.
Né dans les Ardennes, formé dans les coulisses
Né en 1985 dans les Ardennes, Jérémy Ferrari grandit en partie en Belgique. L’école, ce n’est pas son terrain. Il quitte le lycée en classe de seconde et monte sur scène à 16 ans pour son premier spectacle.
« Mon relationnel aux autres était compliqué. Et puis un jour, je commence à faire du théâtre. Et là, tout à coup, je vois que j’ai des facilités. Au début, je pense que je le fais parce que ça me donne une identité dans le groupe. Je deviens le mec qui est bon au théâtre. »
De cette révélation tardive naît une carrière marquée au fer rouge : un humour noir, provocateur, politiquement assumé, qui tranche là où beaucoup préfèrent esquiver. Dès 2013, il ajoute le cinéma à son terrain de jeu, dans un registre radicalement différent. Haut potentiel avec des troubles de l’attention, il se définit lui-même comme un hyperactif : « J’ai envie de tout essayer, j’ai envie de tout faire. Tout me donne envie ! »
Bordeaux, une ville à la hauteur
Jérémy Ferrari ne découvre pas Bordeaux avec le Fémina. Il l’a arpentée, aimée, fêtée. « J’ai des copains qui sont kinés ici, donc j’ai passé plein de soirées à faire la fête sur les péniches. C’est une ville qui est beaucoup trop importante pour ne pas avoir son lieu phare où on doit passer pour se faire reconnaître — parce qu’on sait que le public est à la fois très fin et en même temps hyper généreux dans l’expression de ses sentiments. »
Pour le Fémina, il promet de ne rien casser — mais d’oser davantage. Garder les équipes en place, conserver la programmation éclectique déjà installée, et prendre plus de risques sur certains choix : des artistes locaux moins connus, des formats inédits, l’idée d’un festival d’humour à Bordeaux. Pas le sauveur d’une maison qui n’avait rien à sauver. Juste quelqu’un qui veut « créer un lieu où les gens passent des bonnes soirées, se font des souvenirs ».
Premier portrait · Okali
« La musique m'a aidée à retrouver mes origines. »
Pour lancer cette saison 3, l’équipe de gcom. a poussé la porte d’Okali — artiste franco-camerounaise dont la voix, les engagements et la trajectoire de vie dessinent l’un des univers les plus singuliers de la scène musicale française actuelle.
Gaëlle Minali-Bella, chanteuse et âme du duo, nous a accueillis chez elle. Loin des plateaux et des studios, c’est dans son espace intime qu’elle a ouvert les portes de son univers : sa musique, son histoire, ses racines
Un nom, une philosophie
Okali. Le mot vient du Cameroun. Il signifie « faire attention à l’autre » et c’est exactement ce que fait la musique du duo depuis ses débuts : regarder, écouter, prendre soin. Gaëlle Minali-Bella forme avec le musicien et producteur Florent Sorin un duo à deux têtes, né sur scène, construit dans l’échange, et guidé par une seule règle : la liberté.
Leur style ? Ils l’ont nommé eux-mêmes : afro trip-hop, dub rock, pop. Mais les étiquettes résistent mal à leur musique. Les vagues de guitare, les rythmiques organiques et la voix incarnée de Gaëlle tissent quelque chose de plus profond — un voyage entre l’Afrique, l’Europe et les langues que l’on croit avoir oubliées.
Un parcours hors du commun
Arrivée en France à 13 ans depuis le Cameroun pour suivre un traitement contre le cancer, Gaëlle a traversé trois ans de chimiothérapie et l’amputation d’une jambe. Elle en parle aujourd’hui comme d’une chance, celle qui l’a conduite vers les Beaux-Arts de Toulouse, vers Bruxelles, vers la création sous toutes ses formes.
Dessin, peinture, création de costumes, mise en scène de clips, scénographie… Okali est un laboratoire artistique total, où Gaëlle assure la direction artistique dans sa globalité. La musique n’est pas un métier : c’est le langage dans lequel tout converge.
En 2024, après une année 2023 riche en concerts et en premières parties — dont le groupe FFF. Elle franchit une nouvelle étape en participant aux auditions à l’aveugle de The Voice sur TF1, où sa voix et son interprétation bouleversent le jury.
Dans sa maison, dans son monde
Pour ce portrait, gcom. a choisi de filmer là où tout commence : chez Okali. Dans cet espace de création et de vie, Gaëlle parle de son parcours, de ses racines, de sa langue maternelle » l’Eton, dialecte camerounais qu’elle a retrouvé grâce à la musique » et de ce que signifie construire un projet artistique aussi intime qu’universel.
Un portrait en 2 minutes. Une vie qui en contient bien davantage.